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Association LGBT Francophone Forums Témoignages Votre Coming Out 🏳️‍🌈 Répondre à: Votre Coming Out 🏳️‍🌈

  • Panda

    Membre
    26 octobre 2020 à 5h50
    Nouveau

    Bon.. à l’inverse d’Enzo, moi j’avais surtout un trait masculin, ça ne m’avait posé aucun problème sur toute ma scolarité ( je pense que je suis tombée sur de bonnes personnes à chaque fois ). En primaire je trainais toujours avec les garçons, je pense qu’ils me voyaient comme leur “poto”, et les filles m’enviaient car j’étais proche d’eux.
    À l’époque, je ne me posais pas réellement de questions, je sais que je regardais les garçons et les filles de la même manière, mais à 8 ans, on découvre, on ne comprend pas réellement.
    Je ne connaissais rien de l’homosexualité, les LGBT jusqu’à 10 ans je crois. Je ne savais même pas que ça existait, je pensais juste être la seule “bizarre” au monde. D’autant plus que j’ai une famille asiatique, avec un rapport à la famille très dicté : tu fais des études, tu te marieras, tu auras des enfants ect..
    Alors nos discussions n’étaient jamais centrées sur ce qui pouvait être l’amour.

    À 10 ans, je pense que c’est là où j’ai commencé à me poser des questions, je me rappelle encore le déclic, quand j’avais vu le clip de t.A.T.u All the things she said , la première fois que je voyais deux femmes s’embrasser et je ne pouvais plus m’empêcher de voir et revoir cette scène. Je me disais que ce n’était pas normal de ressentir ça, et je cherchais surtout à renier ces sentiments et ne plus y penser.
    Je crois que c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à bégayer ( surprenant comment le corps peut réagir ).

    En arrivant au collège, j’ai fait la rencontre d’une personne qui est ensuite devenue rapidement ma meilleure amie. Elle était très tactile (calins/bisous) alors que j’étais plutôt tout le contraire, ça me mettait mal à l’aise mais j’appréciais ces moments. Quelques années après, j’ai su que j’étais tombée amoureuse d’elle, et je me sentais honteuse car je trouvais que je “profitais” de ces câlins. Ce n’est que vers 15 ans que j’ai pris mon courage pour lui annoncer mes sentiments, elle était bien hétéro mais elle a très bien réagi et ne m’a nullement rejetée, au contraire.
    Suite à cela, j’ai pu le dire librement à mes amis proches.

    À 16-17 ans j’ai eu ma première copine, c’était au lycée. Avec des débuts très secrets, on s’est vite affichées au sein de l’établissement. Il n’y a pas réellement eu de coming-out officiel, ça s’est juste fait comme ça, et encore une fois, je pense que j’ai eu de la chance mais tout le monde l’a bien pris.
    À partir de ce moment, j’ai beaucoup moins bégayé, jusqu’à totalement disparaitre. Étonnant, mais il m’arrive encore de bégayer quand je suis en colère, ou en parlant chinois ( très intéressant la psychologie ! ) .

    En arrivant à la fac, pareil, soit on me demandait si j’avais un copain, je répondais que j’avais une copine. Je ne me sentais plus obligée de faire réellement une annonce, juste je répondais aux questions sans tabous. Et personne ne m’a rejetée pour cela.

    C’est plutôt côté familial qui posait problème, l’homosexualité était vue comme une maladie mentale pour eux.
    Mon frère l’a très bien pris, on a grandi ensemble, avec la mentalité française. Il m’a été d’un très grand appui pour THE coming out avec ma mère. Alors je l’ai annoncé à ma mère que vers 21 ans, j’étais déjà depuis 4 ans avec ma copine.
    Je pense qu’elle le savait déjà au fond d’elle, ce n’est pas tellement commun d’avoir toujours une “amie” à la maison qui dort dans le même lit ..ect
    Moi qui pensais ne jamais l’avouer à ma mère, de peur de la faire trop souffrir ou qu’elle ne l’accepte pas, ça m’a bien pris quelques années à me décider réellement. Je me sentais fausse auprès d’elle, à lui mentir.

    Un jour, on se promenait qu’à deux, on parlait de notre vie, on était toutes les deux dans un bon mood. Et je lui en ai parlé comme ça, je sentais que c’était le moment et qu’elle devait plus me connaitre. Ça a été assez difficile, avec des pleurs, avec la volonté de me soigner en m’envoyant dans un hôpital psychiatrique en Chine (thérapie de conversion par électrochocs la bas … ). Je lui ai alors posé un ultimatum, soit elle me laisse vivre comme ça sans mensonge, soit je pars loin d’elle.

    Ça a mis quelques bonnes années pour qu’elle accepte réellement, sans commencer une conversation avec un “tu peux chercher un garçon? C’est mal d’être avec une fille”.
    Aujourd’hui, nous mangeons ensemble, avec ma copine avec qui je suis pacsée, et au final, ça aura pris son temps, mais je me sens vraie auprès de ma mère. Et puis elle de son côté, je pense qu’elle a fini par accepter. Ce qui l’importe au final, c’est que je sois heureuse.

    Le coming-out ne doit pas se faire sous la pression, je pense qu’on doit prendre son temps, et accepter que ça puisse prendre du temps pour certaines personnes réticentes. Au final, aujourd’hui je peux dire que j’ai eu beaucoup de chance, alors que c’était plutôt mal parti.

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