Forums

Trouve des réponses, pose des questions et connecte-toi avec les membres !

Association LGBT FrancophoneForumsTémoignagesVotre Coming Out 🏳️‍🌈Répondre à: Votre Coming Out 🏳️‍🌈

  • Camille

    Membre
    1 décembre 2020 à 23h01
    Nouveau

    Bonjour. Je réponds à mon tour. Voilà comment j’ai fais mon coming-out (ou plus exactement MES coming-outs).

    J’ai compris que j’aimais les filles vers mon début 5ème. J’en ai d’abord parlé à mon frère qui l’a bien pris et a dit qu’il n’avait aucun prbl avec les LGBT+.

    Puis, une amie (on va l’appeler Amie1), m’a demandé par message si j’étais homophobe. Pas besoin d’en dire plus : je savais déjà ce qu’elle allait me dire ensuite ! Elle m’a dit qu’elle était pansexuelle, puis je lui ai dit que j’étais lesbienne. J’étais déjà bien contente !

    Ensuite, Amie1 et moi, on a voulu en parler à une amie qu’on avait en commun (Amie2). On a tout organisé : la date, le lieu et comment on allait lui dire. Le jour prévu, lorsqu’on allait lui dire, j’ai pas réussi à parler, et Amie1 l’a dit à ma place (merci !). Amie2 ne nous a pas cru. Elle pensait qu’on plaisantais (à vrai dire, je m’attendais à tout sauf à ça). Le tems à passé. A chaque fois qu’on essayait d’aborder le sujet, Amie2 changeait de sujet ou répondais vaguement… C’est devenu trop compliqué (parce qu’il y avait, en plus de ça, d’autres désaccords avec cette personne). Amie1 et moi, on a coupé tous liens avec Amie2.

    Ca faisait déjà un moment que je gardais ce “secret” pour moi et mon amie. Je voulais le dire à mes parents, mais en même temps, j’avais peur, peur car j’étais quasi sûre que ma mère était homophobe. Mon père, je savais que non, mais ma mère… Ma mère c’était autre chose. J’ai fini par leur dire, car ça me pesais trop. Je me souviens à peu près de ce que j’ai dit (il y avait mes deux parents, mais je m’adressais surtout à ma mère) : “Maman ? Tu te souviens de quand on avait parlé du fait d’accoucher ou non ? (oui, on a des discutions particulières on va dire) … Bah, je t’avais dit que je voulais pas accoucher, parce que ça doit faire mal, et puis y a la grossesse. … Et bah … Maintenant, c’est sûr que je vais pas accoucher. … Euh … Si je dis ça, c’est parce que pour être enceinte, il faut un homme et que … c’est pas forcément les hommes que je préfère…” Etonnement, ils ont bien réagit.

    Le prbl, c que une semaine plus tard, ma mère m’a dit qqch comme “c normal à ton âge d’aimer les filles, parce que la plus part des garçons ne sont pas encore matures, mais tu verra plus tard…”. J’étais tellement choquée que, sur le moment, j’ai pas sue quoi répondre. Après, j’ai cherché qqch à lui dire. J’ai renoncé, parce que j’avais l’impression que, quoi que je lui dise, ça ne changerait pas ce qu’elle a dans la tête.

    Entre temps, je me suis faite une nouvelle amie (Amie3). J’ai appris par Amie1, que Amie3 est aromantique et asexuelle. Yes ! Encore une amie LGBT+ ! J’ai découvert que je suis gender fluid et je l’ai tout de suite dit à Amie1 et Amie3. Qq mois ce sont éculés ainsi.

    Un jour, dans la voiture, j’ai dit à ma mère, lors d’une conversation sur le sujet, que je suis gender fluid. Ma mère à détournée le regard et n’a pas répondue. Le soir même, on a eu une conversation, d’une heure, avec mes parents, sur mes différents coming-out. Et c’est seulement à ce moment que j’ai compris que ma mère n’est pas du tout LGBTphobe ! Enfaite, elle voulais juste que je ne me pose pas trop de questions et que je vive ma vie, sans chercher à me mettre dans des cases, parce que ça PEUT changer. (Elle avait surtout peur que je me torture l’esprit avec bcp trop de questions) Elle m’a aussi dit qu’elle avait été amoureuse, fortement, de plusieurs filles, mais qu’elle n’avait jamais cherché à se définir et qu’elle vivait simplement au jour le jour.

    Bref, c’étais un peu long d’expliquer tout ça, mais je voulais vous raconter mon histoire, pour que vous puisiez comprendre :

    – qu’il ne faut pas croire, trop rapidement, que qqn est homophobe, si ça n’a pas été dit clairement

    – que plein de LGBT+ vous entourent, mais que vous n’en avez pas forcément conscience

    – que se découvrir prend du temps (et que notre identité PEUT éventuellement changer)

    – que, même si c’est difficile, ne vous entourez que des bonnes personnes (et laissez partir les mauvaises sans aucun regrets)

    – Et surtout, qu’il n’y a pas de honte à être sois !